Slasher #02 - ALEXANDRA, 29 ans - Rédactrice / Interprète animalier / Consultante en soins du visage

Slasher #02 - ALEXANDRA, 29 ans - Rédactrice / Interprète animalier / Consultante en soins du visage

Salut Alexandra, je te laisse te présenter et nous dire d’où tu viens?

J’ai grandi entre Montluçon (Allier) et Majorque (Îles Baléares), dans une famille de travailleurs acharnés, ouverte sur le monde. On se réunissait le soir à table, pour bien manger et rigoler. Ma mère cuisinait des plats méditerranéens tandis que mon père nous racontait ses histoires à dormir debout. Le cinéma nous rassemblait. Le tarot et le pendule, aussi, mais uniquement avec ma mère et mon frère aîné. On partageait tous les trois un petit côté mystique. Mon père, pas du tout. Ça l’agaçait même un peu !

 

Quel genre d’enfant étais-tu ?

J’étais très solitaire. J’aimais le silence et je me posais beaucoup de questions. Je m’amusais à deviner ce que mon entourage pensait, dont mon golden retriever Oliver. Je passais énormément de temps avec lui. Il m’a enseigné beaucoup de choses (joie de vivre, autodérision, intégrité). C’est un peu grâce à lui si je suis capable de communiquer avec les animaux aujourd’hui.

 

Qu’as-tu étudié ? Regrettes-tu ton parcours ?

Je voulais travailler avec les animaux mais j’étais également très attirée par l’art contemporain et la mode. Alors, comme je n’étais pas très sûre de moi à l’époque, avec mon bac en poche, et comme je voulais explorer « les strass et les paillettes », j’ai étouffé ce désir d’enfant. J’ai pris la décision de m’installer à Paris et d’intégrer une école de commerce. Je suis heureuse de mon parcours. C’est celui-ci qui m’a permis d’être la personne que je suis devenue aujourd’hui !

 

Tu vis à Paris, comment partages-tu ton temps ?

Je vis dans le quartier de Saint-Paul. Dans ma tanière, un appartement très calme et lumineux que j’adore. J’ai trois activités. Je travaille à temps partiel chez Aesop en tant que consultante en soins du visage, je suis également l’assistante personnelle de l’écrivaine Anne Berest, et je suis à mon compte en tant qu’interprète animalier. J’écris aussi un livre pour enfants en lien avec le monde animal, en collaboration avec une amie illustratrice, Prune Cirelli.

 

As-tu rencontré des difficultés à faire ce que tu fais aujourd’hui ?

J’ai surtout mis du temps à comprendre et à accepter ce que j’aimais faire ! J’adore porter plusieurs casquettes. J’ai commencé ma vie professionnelle à New York dans un centre d’art contemporain. Je me projetais là-bas. J’ai beaucoup d’amis proches dans cette ville. Mais mon état de santé m’a obligée à rentrer en France. Cela me préoccupait beaucoup à l’époque car on ne savait pas ce que j’avais et on me répétait que c’était lié au stress… J’ai déménagé 13 fois, entre Paris, Londres et New York entre 2008 et 2016. J’ai dû me casser la jambe pour finalement mettre des mots sur mes maux. J’étais immobilisée pour la première fois de ma vie et on m’a diagnostiqué une endométriose profonde modérée et une parasitose qui provoquait une fausse allergie alimentaire aux poissons, crustacés et fruits de mer. Tout va bien maintenant. Je ne mange plus de poissons et j’ai appris à vivre avec ma maladie.

 

Cette immobilisation forcée a-t-elle été bénéfique pour toi qui avais déménagé 13 fois en 8 ans ?

Oui, en fait cela a été un bon « reset » énergétique. Je me suis naturellement tournée vers le « mieux être ». J’ai consulté une microkiné, un hypnothérapeute, une naturopathe, un coach sportif, une bio énergéticienne…

J’ai passé mon niveau 1 de plongée sous-marine et mon permis bateau. Deux choses figurant sur ma « bucket list ». Ça m’a fait du bien. Et forcément un cercle vertueux s’est mis en place…

 

Tu choisis alors de rester à Paris, et de laisser NY derrière toi. Quels ont été les nouveaux projets ?

J’ai travaillé à l’Institut du monde arabe, en tant que journaliste web, avant de créer mon agence éditoriale, Les Dactylos, en 2015. Je mettais en place des stratégies de communication et rédigeais du contenu bilingue pour plus de 40 clients dont Lancôme, Relais & Châteaux, Fox Channels France... Cela a duré 4 ans puis en 2019, j’ai décidé d’arrêter pour réfléchir à ce que je souhaitais vraiment. Ce n’était pas une décision facile car mon business marchait bien. Mais j’étais malheureuse et insatisfaite. Quitter Paris ? M’installer à Majorque ? Rejoindre une entreprise ? Créer une nouvelle entreprise ? Une reconversion ? Plein de questions se bousculaient dans ma tête…

Et puis j’ai réalisé que j’aimais ma vie à Paris. Les gens qui m’entourent. Ma routine. Moi qui ai vécu dans une valise pendant huit ans. Et surtout, j’ai réalisé que la vie voulait le meilleur pour moi et j’ai écouté mon corps. J’ai encore des choses à explorer à Paris. Pour me permettre de réfléchir, sans stress et sans travailler derrière un écran d'ordinateur, j’ai décidé de rejoindre Aesop en tant que consultante en boutique. Ce job à temps partiel m’a permis de créer une respiration mentale et de faire de meilleurs choix. J’adore ce que je fais, j’ai appris beaucoup de choses sur les plantes et les huiles essentielles. La clientèle est très agréable (artistes, voyageurs, entrepreneurs, professeurs). Je fais de belles rencontres presque tous les jours. Par ailleurs, j’envisage de me former aux soins du visage au sein d’Aesop qui possède plusieurs espaces en Europe et en Asie.

 

Donc 2019 marque l’arrêt de ton projet professionnel Les Dactylos, et tu choisis la vente dans un premier temps pour te recentrer. Qu’en est-il ressorti ?

Mon rêve d’enfant !

En fait, j’ai vécu une année relativement monacale en 2019 et cela m’a fait beaucoup de bien. Je sortais peu. Cela m’a permis de réveiller tout simplement mon désir d’enfant : travailler avec les animaux. Je voulais devenir interprète animalier. J’ai alors cherché à me former. Par chance il y a, à 1 heure de Paris, l’un des meilleurs interprètes avec lequel j’ai pris un cours particulier intensif. La communication animale n’est pas un don. C’est beaucoup de pratique. Il faut pouvoir créer le vide en soi pour accueillir les messages des animaux.

Aujourd’hui, j’accompagne à la fois des refuges, des zoos, des réserves, j’aide les animaux qui ont connu un traumatisme à vivre plus sereinement et à s’adapter à leur nouveau lieu de vie. Ma mission principale est de permettre aux personnes qui font appel à moi, d'établir un lien entre eux et leurs animaux, grâce à un nouveau type de communication. C’est ma façon à moi de contribuer au bien-être animal.

 

Quelles leçons tires-tu de toutes ces expériences ?

Aujourd’hui, grâce à tout ce travail, je me sens bien. Alignée. Plus proche de moi-même. Ça fait du bien ! J’ai appris à lâcher prise. Je suis plus à l’écoute des signes de la vie et c’est assez rigolo de constater la façon dont les choses se passent. J’ai mis beaucoup d’énergie dans la création de mon réseau professionnel au cours des dernières années et cela me stressait de devoir maintenir le lien à tout prix, en sortant à tout-va et en oubliant l’essentiel. Moi qui suis sauvage et casanière, cela me fatiguait beaucoup.J’ai rompu avec certaines personnes pour laisser place à des relations bienveillantes, nouvelles et anciennes. C’est comme si j’avais repris ma place d’enfant, dans un corps d’adulte. Les choses se font quand elles doivent se faire. Toujours au bon moment. Tout est une question de timing.

 

Qu’est-ce qui te rend le plus heureuse ces derniers temps ?

Actuellement, ce qui me rend le plus heureuse c’est de bouger, faire du sport !

En cette période d’épidémie de coronavirus, c’est plus compliqué chez soi, mais en poussant les meubles, on peut faire de la corde à sauter, des squats, des burpees, des fentes, du gainage... C’est assez chouette de modeler son temps et son espace en période de confinement et ça pousse à être créatif !

 

IDOINE joue beaucoup avec les contrastes et cherche à casser les a priori. Si tu devais te décrire par un contraste ou une association de mots improbable, que choisirais-tu?

SPA & BIVOUAC

Robyn Davidson est une grande voyageuse australienne qui a traversé seule les déserts de l'ouest de l'Australie à dos de chameau. Je l'admire beaucoup. J'adore voyager seule et dépasser mes limites.

J’ai également un rituel à chaque changement de saison : passer un après-midi dans un spa et recevoir un soin ayurvédique. Un moment essentiel pour ma santé, pour me recharger. 

Deux terrains opposés, qui me correspondent parfaitement.

 

Quel est le Top 3 de ta bucket list ?

  1. Réaliser un stage de surf avec Parallel Universe (Biarritz)
  2. Adopter Dololo, un éléphant orphelin @Sheldrick Wildlife Trust (Kenya)
  3. Valider mes niveaux 2 et 3 de plongée sous-marine et plonger à Silfra, une fissure située à la jonction des plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne (Islande)

 

Le son que tu écoutes en boucle ? 

Big Bird In A Small Cage de Patrick Watson

 

Un bouquin à nous conseiller ?

Le nom secret des choses de Blandine Rinkel

 

Un compte instagram qui te fait rire ou rêver ?

Rire : @creustel – important de continuer à rire devant les délires du quotidien !

Rêver : @deborahsculinaryisland – elle incarne tout ce que j’aime dans la vie (la table, la nature, la simplicité)

 

Une adresse à Paris ?

Kodama situé au 30 rue Tiquetonne, 75002 Paris. Un bar à thé de quartier convivial. Leur Milky Oolong est une merveille…

https://kodamaparis.com/

 

Ta dernière découverte ?

La cuisson à la vapeur !

 

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