Slasher #01 - MARION, 27 ans - Shapeuse/ Barmaid/ Architecte/ Coloriste

Slasher #01 - MARION, 27 ans - Shapeuse/ Barmaid/ Architecte/ Coloriste

“Plus tu veux quelque chose que tu ne peux pas avoir, plus tu en rêves.”

 

Salut Marion, je te laisse te présenter, nous dire d’où tu viens et ton lien avec le surf?

Je viens d’un petit village à côté de Perpignan et j’ai fait mes études à Toulouse. Le surf n’a jamais été mon quotidien, je rêvais de me rapprocher de cet univers, je faisais pas mal de sport aquatique mais pas de surf. Personne de mon entourage en faisait! Finalement, plus tu veux quelque chose que tu ne peux pas avoir, plus tu en rêves.

 

Quel a été le tournant dans ta vie?

Après une rupture difficile, j’ai pris une amie sous le bras et le week-end de la fête de la musique en 2014, on a débarqué à Hossegor. Ce fût une révélation, j’ai su que c’était là que je voulais être! Le surf est devenu mon quotidien et un exutoire. Ca a été un sacré challenge de tout quitter et de venir ici, mais c’est la meilleure décision que je n’ai jamais prise.

 

Quel a été ton parcours et comment as-tu réussi à te former au shape, auquel tu n’étais pas destiné?

J’ai fini mon master en Architecture d’Intérieur et bien que j’étais en contrat pro chez un Architecte depuis 3 ans, j’ai tout fait pour ne pas rester.

Pour valider mon mémoire de fin d’étude, j’ai monté un projet de concept store sur le surf et j’ai shapé ma première board. Je devais m’arrêter là car c’était juste pour le fun, je ne pensais pas du tout, à ce moment, en faire mon job!

Puis j’ai trouvé un stage chez Euroglass, qui est une usine de planches de surf, pour Quiksilver notamment. Euroglass m’a formé aux bases, mais j’ai surtout été encouragée par les potes qui voulaient que je leur fasse une planche. On me donnait un peu d’argent pour le matériel, et je me souviens, que pour les premières boards, ça ne couvrait même pas le prix de reviens! J’ai commencé comme ça, et à partir de ce moment, ça ne s’est jamais arrêté.

L’année suivant mon stage chez Euroglass, je faisais une planche par mois à peu près, ce qui est déjà beaucoup quand tu commences.

 

A part Euroglass, où est ce que tu t’es formée, auprès de quels shapeurs? Et quels sont les shapeurs qui t’inspirent?

Avant d’avoir mon atelier que j’ai ouvert en octobre 2018 à Soustons, j’en ai fait beaucoup! Mais on ne m’a pas vraiment aidé, ni dévoilé les secrets, bien au contraire! Mais ce fût une bonne école. J’ai regardé et observé, sans demander aux autres shapers, par principe et par timidité. J’ai été plutôt formé à la dur, en apprenant par moi même, en regardant des vidéos, en allant sur des forums, et en faisant, tout simplement car c’est comme ça qu’on apprend.

Les shapeurs qui m’inspirent shapent principalement des planches old school: Thomas Bexon et McTavish, Almond, Nettleton sont mon top 4.

 

Est-ce que le fait d’être la seule nana dans le milieu du Shape a été une motivation supplémentaire pour aller au bout?

J’ai beaucoup douté, c’est clair que c’était et c’est encore un milieu masculin, de ce fait, machiste. Avant moi, il y a eu Valérie Duprat (Meremade surfboards), qui fût une grande inspiration, et qui est partie vivre en Californie. En France, je n'étais plus que la seule lorsque j’ai débuté et on a commencé à m’inviter sur pas mal d’événements en peu de temps. C’était assez intimidant car je ne me sentais pas aussi légitime que des shapers que je respectais et j’avais encore à apprendre! Je m’étais fixé un nombre de planches, 100 planches exactement, avant de participer à certains évènements. Sur les deux premieres années, j’ai refusé par mal de choses, souhaitant être plus « prête » pour m’y présenter. Poussée et encouragée par mon entourage, je me suis dit que je n’avais rien à perdre, j’ai saisi les différentes opportunités qui se sont présentées à moi. L’un des premiers évènements auquel j’ai participé a été le Oxbow Surf Festival à Bordeaux. Puis il y en a eu d’autres comme Le festival Vagabonde, Wheels and Waves en juin dernier, où j’ai shapée en live, et encore tout récemment le Shaping Art by Shaper, qui réuni tous les shapers français, à Hossegor. Je n’en reviens toujours pas d’être reconnue comme faisant partie de cette bande, ou plutôt cette grande famille de shapeurs !

  

Connais tu d’autres femmes comme toi, en Europe, qui se sont lancées dans l’aventure du shape?

Il y en a plus à l’étranger, en Australie et en Californie, j’ai rencontré Hannah de WaysAway Surfboards en Australie avec qui je suis devenue amie, je respecte aussi énormément le travail d’Ashley Lloyd mais avant tout, Valérie qui a été un modèle. Ca commence aussi à se développer en France, d’autres filles s’y mettent et c’est cool. Je pense que dans les prochaines années, il y aura d’avantage de femmes dans ce milieu, je reste la seule pour l’instant à avoir une entreprise et à en vivre pleinement.

 

Ton nom, Surfista, d’où vient-il?

C’était encore une fois pour mon projet de fin d’étude. Je suis partie d’un jeu de mot fashionista : “les filles qui aiment la mode” pour en faire Surfista, “les filles qui aiment le surf”.

Mon but est de viser un public plus féminin, car pendant longtemps nous n’avions pas grand chose qui nous ressemblait en terme de planche/shape/déco. Même si aujourd’hui j’ai un public encore mixte, ça viendra avec le temps, j’en suis sure!

 

Est-ce que tu fournis des shops?

Je ne fais que des commandes sur mesure, j’ai très peu de planches en stock et je n’en mets pas en surfshops pour l’instant. Dans les shops, il faut fournir des planches « standard » qui peuvent aller à « tout le monde » et je n’ai pas envie de faire ça, mais de proposer un service vraiment spécifique et adapté, en fonction des attentes du client, du niveau, du type de vague surfé et surtout leur proposer une déco 100% personnalisée et unique.

  

Qu’est-ce que tu préfères dans le shape?

Ce que je préfère, c’est le glassage et jouer avec les couleurs. C’est certainement dû à mon parcours, j’ai un diplôme de coloriste. La couleur été très importante pour nous à l’école, ce qui m’a apporté, je pense, une certaine sensibilité aux différente nuances et une attirance pour les couleurs en général. La recherche de la teinte parfaite, batailler avec mes pigments, c’est une des parties du boulot où je m’éclate le plus. C’est d’ailleurs le métier que j’exerce lorsque je travaille pour d’autres marques à l’étranger, glasseur.

 

Quelle est la board que tu préfères shaper?

Je pense être devenue spécialiste des fish (rire), car j’en fait énormément et ça reste ma principale demande, même si je surf davantage de longboards.

 

Comment partages-tu ton temps?

Je partage mon temps entre la France et l’Australie/Bali. Je passe généralement 8 mois en France, 3 mois en Australie et 1 mois à Bali, où je travaille pour différentes marques et pour des usines comme DHD. Sur le long terme, j’aimerai aller m’installer en Australie.

En France, je travaille dur pour pouvoir mettre de coté pour voyager, je travaille donc en complément dans un bar à Hossegor, la nuit, en plus des planches en journée.

 

IDOINE joue beaucoup avec les contrastes et cherche à casser les a priori. Si tu devais te décrire par un contraste ou une association de mots improbable, que choisirais-tu?

Tomboy & Beyoncé

Je m’habille souvent comme un garçon manqué et pourtant je sais aussi parfois me transformer en femme sexy (rire) et j’aime vraiment jongler entre ces deux facettes! Une badass en legging troué la journée, une girlboss en robe et talon le soir!

 

As-tu un combat qui te tient à coeur?

J’aimerai prendre le temps de faire de la prévention pour aider les femmes victimes de violences ou d’intimidations, que ce soit conjugales ou même au sein de l’école. Ca manque énormément d’informations et d’accompagnement. C’est un défi que je me suis promise de relever dès que j’en ai le temps et l’opportunité.

 

Raconte-nous une anecdote sur toi?

Je chante tous les jours depuis mon plus jeune âge! (rire)

J’ai été au Studio de Chant à 10 ans, mais je chante uniquement pour moi, car je suis incapable de chanter devant du monde. D’ailleurs je chante souvent à l’eau quand je surf !

 

Quel est le top 3 de ta bucket list?

- Aller dans les plus grosses destinations de surf (Hawaï / Californie sont mes prochaines destinations) et rencontrer les shapers les plus emblématiques. Continuer à apprendre. Ma vie rime avec le travail. J’adore ce que je fais, et je veux continuer à puiser de l’inspiration partout où je vais.

- Surfer une grosse vague (un jour)

- Continuer à voyager seule et m’immerger dans les différentes cultures locales tout en shapant. Le voyage est la meilleure des écoles, on en revient changé, grandi, je ne peux plus m’en passer !

 

Un compte instagram qui te fait rire?

Il y en a plein, ceux qui me passent par la tête sont : @violenteviande, @bitchclub, @yugnat999 ...

 

Une adresse dans les Landes?

Une adresse du matin : Thaïtime dans la zone pedebert, à Hossegor, pour leurs açai bowls, leurs pancakes ou avocado toasts que j’adore !

Une adresse du soir : Juniper à Hossegor, pour leurs supers cocktails!

 

On peut te suivre où?

Instagram : @surfista_surfboards

Mon site: www.surfistasurfboards.com

Et suivez Konbini, il y a un gros truc qui va sortir en fin d’année!

 
 
Marion porte la combipantalon Thelma et le tee-shirt Fleurs & Bitume. 
A retrouver dans la collection.

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